L'observation sociale pour le SIAO Urgence de Paris
(Mis à jour novembre 2011)
L’objectif premier du SIAO consiste à améliorer le service rendu en fluidifiant le parcours des usagers. Pour cela le principe de la régulation de l’ensemble des places d’hébergement, par un seul organisme, est nécessaire. Cette régulation permettra la traçabilité des parcours et la connaissance des besoins.
Jusqu’ici, l’observation des parcours n’était possible qu’au sein même des différents dispositifs et l’observation était donc partielle (à titre d’exemple, le 115 de Paris régule environ 40% des places et une absence d’hébergement par le 115 ne signifie pas forcément que la personne est restée à la rue). L’observation de l’ensemble du parc d’hébergement, à travers les données du SIAO, limitera ainsi les biais liés à une observation tronquée.
A terme, cette observation pourra se faire en lien avec le SIAO Insertion, pour la continuité du parcours, mais également de manière interdépartementale.
Dans le cadre du SIAO, l’observation sociale permettra d’ajuster le dispositif aux besoins du public y recourant. L’Observatoire du Samusocial contribuera à organiser les conditions institutionnelles et techniques d’une veille sociale parisienne (en centralisant grâce au SIAO Urgence de Paris les données d’activité des opérateurs de l’urgence de la capitale -115 de Paris, maraudes et accueils de jour-, en analysant les parcours des usagers faisant appel aux dispositifs d’urgence sociale et en étudiant les profils sociodémographiques des personnes à la rue).
- L’observation à travers la visibilité des places d’urgence :
En attendant la régulation en direct des places d’hébergement d’urgence, l’observation s’est mise en place par le biais des listes d’inscrits dès la nuit du 31 décembre 2010 au 1er janvier 2011, avec quelques structures volontaires. Cette expérimentation ayant été concluante, elle a été entendue progressivement à l’ensemble des structures. Le principe consistait, pour les structures d’hébergement, à envoyer chaque jour au SIAO, par fax ou par mail, la liste des usagers hébergés la veille. Ces données, nominatives, ont ainsi permis d’une part de reconstruire le parcours des usagers d’une nuit à l’autre et, d’autre part, d’observer l’activité des structures en terme de public accueilli.
En terme de parcours, les données collectées permettent par exemple de mesurer le nombre moyen de nuitées (dont les nuitées consécutives) par personne (en fonction des différents types d’usagers), la part des usages connus du 115 de Paris (le 115, sans avoir la visibilité sur 100% des places, a-t-il la visibilité sur 100% des usagers ? y a-t-il des publics spécifiques non connus du 115 ?), la probabilité d’être hébergé une nuit de plus et la probabilité d’être hébergé chaque nuit (dans un même centre et quel que soit le centre, via le même orienteur et quel que soit l’orienteur). A titre d’exemple si l’on observe que la probabilité d’être orienté chaque nuit est plus élevée pour les hommes de moins de 45 ans que pour les femmes de plus de 65 ans, faut-il ajuster les places en fermant des places hommes au profit de places femmes ?
En terme d’activité, les données collectées permettent de mesurer des taux d’occupation par centre, le nombre de nuitées par centre en fonction des différents types de public (nombre d’hommes et de femmes ; nombre de personnes de tel ou tel âge…), l’activité des orienteurs (dont 115 de Paris), par centre et au total.
L’observation des personnes rencontrées dans la rue (par la transmission des données des maraudes) viendra en complément des données d’hébergement et favorisera ainsi la (re)constitution des parcours des usagers d’une nuit à l’autre. En terme d’activité ces données permettront d’observer la couverture géographique des équipes de maraude et favorisera si besoin une meilleure coordination (notamment si l’on observe que certaines zones géographiques sont couvertes par différentes équipes tandis que certaines zones restent non couvertes).
Enfin, la régulation des places permettra quant à elle de mettre en relation les disponibilités et les demandes en observant le nombre de places visibles, le nombre de places régulées, le nombre de places attribuées, régulées par le SIAOUP et par les opérateurs (quotas), le nombre de demandes satisfaites, le nombre de demandes non satisfaites, etc.
- Données chiffrées :
Quatre analyses ont jusqu’ici été réalisées à partir des listes d’inscrits transmises par les structures d’hébergement. La première au bout d’une semaine d’expérimentation, la deuxième 5 semaines après les premières transmissions de listes, la troisième après 2 mois et demi d’observation et enfin la quatrième faisant le bilan des 6 premiers mois d’observation. Ces observations, sans être encore exhaustives car l’ensemble des centres n’ont pas tous transmis leurs données en même temps, permettent toutefois d’observer des premières tendances.
Entre le 1er janvier et le 30 juin, le nombre d’inscriptions dans les dispositifs d’hébergement est particulièrement élevé (seules 2% des places sont restées disponibles à l’inscription) mais toutes les places n’ont pas été occupées, certaines personnes ne s’étant pas présentées (3% des places sont finalement restées vacantes). La régulation, par un dispositif central, de l’ensemble de ces places permettra une meilleure répartition des usagers et empêchera notamment les inscriptions multiples qui ont pu être observées dans quelques cas (0,5% des nuitées).
L’âge moyen des usagers hébergés s’élève à 41 ans pour les hommes et à 37 ans pour les femmes. Celles-ci représentant 21% des personnes prises en charge sur la période. Cet âge moyen varie fortement selon le dispositif, passant d’à peine 20 à plus de 60 ans. La durée d’hébergement varie également fortement, même si elle est liée à la durée d’observation possible (la date à laquelle les structures ayant commencé à transmettre leurs données sont variables). Cependant les analyses montrent que cette durée d’hébergement n’est pas systématiquement liée à la durée d’observation possible mais plus à la structure d’accueil.
Enfin, le suivi des parcours d’une nuit à l’autre, possible grâce aux données nominatives, montre que les personnes les plus âgées (plus de 45 ans vs moins de 45 ans) changent de centre d’accueil plus fréquemment que les plus jeunes mais également que la probabilité d’hébergement est plus faible chez ces derniers. La prise en charge prioritaire du public plus âgé leur offre ainsi des opportunités d’hébergement plus nombreuses. Les dernières analyses ont quant à elle tendance à montrer, mais cela reste à confirmer, qu’au-delà d’une certaine durée, le maintien dans l’hébergement est plus faible chez les femmes que chez les hommes.
Une analyse a par ailleurs été réalisée à partir des données des équipes de maraude du Samusocial de Paris qui, depuis le mois de mai 2011, transmettent des informations sur chacune des rencontres qu’ils font la nuit. L’analyse présentée porte sur le mois de mai 2011 et traite à la fois de l’activité des équipes, mais également du profil des personnes rencontrées, ainsi que du lien existant entre ces rencontres par les EMA (équipes mobiles d’aide) et l’hébergement rendu visible par le SIAO.
Enfin, une première analyse a également été effectuée à partir de l’expérimentation de la régulation des places, réalisée par le SIAO urgence en juin 2011Données transmises entre le 1er et le 7 janvier 2011:
Données transmises entre le 1er janvier et le 8 février 2011:
Données transmises entre le 1er janvier et le 15 mars 2011:
Données transmises entre le 1er janvier et le 30 juin 2011:
Visibilité de l’hébergement d’urgence à Paris, données du SIAO-UP, janvier à juin 2011
Données transmises par les maraudes du Samusocial en mai 2011:
Activité des Maraudes du Samusocial de Paris en mai 2011
Bilan de l’expérimentation des places :
Bilan de l’expérimentation des places, juin 2011





